Un peu de nuit en plein jour

un-peu-de-nuit-en-plein-jour-1208986Résumé : « Il ne reste plus que ça aujourd’hui, la communion des caves, la sauvagerie qui seule subsiste une fois quittée la grisaille de la surface où les clans survivent dans des boulots plus pourris qu’une charogne oubliée sur un piège. »
Ce pourrait être le monde de demain. Pais est envahi par une obscurité perpétuelle et livré aux instincts redevenus primaires d’une population désormais organisée en clans. Dans ce monde urbain terriblement violent, Féral est k’un des derniers à avoir des souvenirs des temps anciens. Il est aussi un as de la cogne », ces combats à mains nues qui opposent les plus forts des clans dans des sortes de grand-messes expiatoires. C’est lors d’une de ces cognes qu’il rencontre Livie, qui respire la liberté, l’intelligence, la force. Leur amour est immédiat, charnel, entier. Mais le destin de Féral va se fracasser sur cette jeune femme qui n’est pas libre d’aimer.

Auteur : Erik L’Homme (Le regard des princes à minuit)

Edition : Calmann Lévy

Genre : anticipation, dystopie

Mon avis :

Un peu de nuit en plein jour, c’est une écriture poétique, une atmosphère sombre et légère à la fois, c’est un amoncellement d’opposition.

On découvre dans ce roman d’anticipation deux mondes diamétralement opposés mais qui ont en commun le fait qu’ils se languissent tous du même soleil, du même souvenir d’un temps meilleur, d’un temps révolu. Dans ce Paris gris où le soleil ne se lève ni ne se couche, il n’y a ni nuit ni jour, juste des teintes de gris qui varient légèrement pour signifier le temps qui passe. Féral fait partie des derniers qui ont connu un monde différent avec de la couleur.

Les habitants de la cave, les bas-fonds les quartiers pauvres de Paris vivent en clans, ils ont laissé leur nature se rapprocher de celle de l’animal, mais l’animal civilisé, qui survit en société. De par leur mode de vie, leurs contraintes, ils ne meurent jamais bien vieux, c’est un luxe qu’ils n’ont pas. Alors ils vivent leur vie à fond, ils brûlent celle-ci par les deux bouts, ils s’enflamment dans les combats, dans les passions et dans l’espoir qui demeure. L’espoir qu’il existe encore une chance de corriger ce que les générations précédentes ont fait subir à la planète et dont ils payent aujourd’hui les conséquences. L’espoir de jours meilleurs. L’espoir de survivre un peu plus longtemps, peut-être un peu mieux.

A la surface, les privilégiés rêvent aussi du soleil et du monde d’avant. Mais leurs vies sont longues et faciles, ils ont accès à des technologies médicales qui les protègent si bien de la mort que la vie semble infinie. Et certains y perdent goût, cherchant l’étincelle dans des caprices ou dans la danse.

Ce roman et un roman d’opposition : entre les jeunes et les vieux, entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, entre les privilégiés et les pauvres, entre ceux qui brûlent leur vie courte et éphémère et ceux qui ne comptent plus leur temps infini. Là où il n’y a plus d’opposition entre le jour et la nuit, toutes les autres sont exacerbées. Et lorsque celles-ci se croisent trop fort, les conséquences peuvent être dangereuses.

Je me suis laissée porter par l’écriture posée, poétique et pourtant parfois crue qui propose des idées et laisse notre esprit s’en emparer. C’est beau et ça fait réfléchir.

En bref : Un roman qui fait passer un moment hors du temps où la poésie de la sauvagerie de la nature et de l’amour se croisent pour tisser une danse.

Bonne lecture!

Xoxo!

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Un commentaire sur « Un peu de nuit en plein jour »

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